L’Assemblée Nationale a voté dans la nuit de jeudi à vendredi à 99 voix contre 40, la suppression de la franchise médicale de 30 euros imposée en 2011 aux étrangers en situation irrégulière en France bénéficiaires de l’Aide médicale d’État (AME). La pompe aspirante de l’immigration clandestine va pouvoir fonctionner à plein régime !

Réservée aux personnes sans papiers résidant depuis plus de trois mois en France et gagnant moins de 634 € mensuels, cette prise en charge médicale était délivrée en contrepartie d’un forfait de 30 euros instauré lors du précédent quinquennat. Mais le nouveau gouvernement souhaitait supprimer cette franchise pour rendre l’accès aux soins totalement gratuit. Avec un coût estimé à trois millions d’euros pour la Sécurité sociale, cette mesure est vivement critiquée par le Front National qui réclame la « suppression pure et simple de ce dispositif » qui est à l’origine d’un « appel d’air à l’immigration clandestine ». Gilbert Collard (FN-RBM) a ainsi défendu un amendement de suppression de l’AME, du fait « du poids de la situation économique ». « Si nous étions riches, je serais pour que nous soyons d’une bonté universelle », a lancé le député du Gard.

Le coût du dispositif est en pleine explosion. Les dépenses ont en effet grimpé de 75 millions d’euros en 2000 à 588 millions en 2011. Selon un rapport publié en juin 2011 par Claude Goasguen (UMP) et Christophe Sirugue (PS), cette hausse s’explique par « la croissance du nombre de bénéficiaires », qui sont passés de 189.000 en 2005 à 227.000 en 2010. Ces hausses de dépenses sont également imputables à des abus. Le rapport note en effet que les fraudes existent : certains étrangers en situation illégale « utilisent l’identité d’une autre personne pour bénéficier des prestations du dispositif », d’autres mentent sur leurs conditions de ressources. Il existe aussi des trafics de médicaments de substitution aux opiacés obtenus par le biais de l’AME.

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